Compte rendu du stage photo renard polaire 2026En Islande, et en particulier dans les Westfjords, les années se suivent et ne se ressemblent pas. L’été 2025 a été une mauvaise saison pour les renards polaires. Si tout semblait normal chez les adultes, nous avons observé un taux d’échec et de mortalité extrêmement élevé au sein des portées. L’été a donc été compliqué pour nos guides, qui ont littéralement observé plus de renardeaux morts que vivants.
Cette année, en revanche, nous avons constaté avec grand plaisir que le taux de réussite des portées s’annonce très bon. La première surprise a été la taille exceptionnellement élevée des portées. Le minimum observé a été de 7 renardeaux, y compris sur les terriers des plages. Pour rappel, les territoires des plages étant moins intéressants que ceux des falaises, les portées y sont généralement plus petites.
La traversée en bateau
Notre campement pour le stage photo renard polaire en Islande n’est accessible qu’en bateau. La traversée dure entre 2h30 et 3h30 et peut offrir de nombreuses opportunités photographiques. Mais elle peut aussi être pénible pour les personnes sujettes au mal de mer.
Cette année, l’océan a été plutôt clément avec nous. La houle était limitée et les traversées aller et retour ont été courtes. Les photographes sujets au mal de mer ont tout simplement dormi, et nous les avons réveillés à l’arrivée.
Durant cette traversée, nous avons vu énormément d’oiseaux marins : guillemots, macareux moines, fulmars, etc. Malheureusement, les groupes de baleines à bosse et de baleines de Minke, qui fréquentent souvent le secteur, étaient absents.
La météo durant le stage photo
Cette année, Thor a été généreux avec nous ! Nous avons eu une météo très favorable durant tout le séjour. Enfin, presque… L’avant-dernière journée a tout de même été marquée par une petite tempête qui a endommagé un segment de notre refuge, nous obligeant à en réduire la taille durant une journée pour éviter des dégâts supplémentaires. Heureusement, la tempête n’a duré que 24 h et nous avons pu retrouver très rapidement une activité normale.
Durant ce stage photo, nous avons eu la chance de bénéficier de lumières très variées : des ambiances brumeuses aux lumières dorées du soleil de minuit, en passant par les ciels chargés de nuages et les ambiances dramatiques.
Nous ne savons jamais à quelle météo nous attendre lors de notre stage photo renard polaire, tant le climat est imprévisible en Islande. Mais en cet été 2026, nous avons profité de chaque instant, et les participants sont restés actifs de jour comme de nuit, tirant parti de tout ce que la nature avait à nous offrir !
Les moments difficiles
On le sait, la nature est aussi majestueuse qu’impitoyable, d’autant plus dans les régions extrêmes. Si nous avons l’habitude d’observer des renards polaires prédater d’autres espèces, nous avons assisté en juin 2026 à une scène rare : la prédation d’une portée de renardeaux polaires par des grands corbeaux.
Techniquement, nous n’avons vu qu’un seul renardeau tué et emporté par un grand corbeau. Mais en 24 h, cette portée de 7 renardeaux avait disparu, et nous avons observé le grand corbeau à plusieurs reprises à proximité immédiate du terrier. Il y avait donc une forte probabilité que le grand corbeau ait emporté toute la portée. Du moins, c’est ce que nous pensions, jusqu’à ce que Samy (l’un de nos guides) retrouve un renardeau survivant, un mois après le stage.
Il faut aussi signaler que l’emplacement du terrier en question était très mauvais. La renarde avait en effet décidé de mettre bas en plein milieu d’un chemin de randonnée. Nous avons vu à plusieurs reprises des randonneurs manquer d’écraser les petits. Et même si nous avons demandé à plusieurs personnes de contourner le chemin à cet endroit, nous ne pouvions pas rester constamment à proximité.
Nous avons hésité à vous montrer cette prédation en images, mais nous avons finalement choisi de partager cette observation. La photo est de mauvaise qualité car nous étions loin de la scène, mais on voit clairement la silhouette du renardeau.
Ces moments font partie de la vie des photographes animaliers. Nous prêtons une grande attention à la concurrence entre les renards polaires et les grands corbeaux en Islande. Même si ce sont des scènes difficiles, elles n’en restent pas moins d’incroyables observations.
Les renards polaires en 2026
On ne cesse de le répéter : face au bouleversement climatique et à ses conséquences sur l’Islande, la vie des renards polaires change à vue d’œil. Mais si nous aimons tant cette espèce, c’est qu’elle a une capacité d’adaptation hors du commun. Les renards sont connus pour être opportunistes, et nous le constatons chaque année.
Cette année encore, nous avons observé des renards dans des situations particulières. La meilleure observation a été faite par Arielle et Fábio, qui ont pu voir un renard polaire traverser une rivière, avec un poisson dans la gueule qui plus est ! Malheureusement, le courant était fort et le renard a perdu le poisson durant la traversée.
Vous pouvez découvrir cette histoire dans l’excellent article « Survival : The story of the Arctic Fox », rédigé par la photographe animalière Arielle Lokadóttir, qui a participé à ce stage photo. Nous vous invitons d’ailleurs vivement à visiter son magnifique site, An Owl in Iceland.
Ce phénomène n’est plus à classer dans la catégorie des événements rares : nous l’observons désormais tous les ans. Mais nous ne connaissons pas encore la suite de l’histoire. Les renards vont-ils finir par se mettre à chasser dans l’eau ? Certaines proies accessibles, dans les rivières comme dans l’océan, peuvent-elles les attirer ?
Année après année, nous allons suivre cette évolution avec les photographes qui nous accompagnent. C’est l’une des parties les plus excitantes de nos stages photo.
Dans un autre registre, nous avons également noté que la présence d’un chien a poussé les renards polaires à déserter le secteur dans un rayon de 500 m à 1 km. Nous avions déjà observé le même phénomène dans le fjord de Hesteyri les années précédentes.
Ce sujet nous intéresse car les renards (en général) sont capables d’évaluer la dangerosité d’un chien selon la situation : en appartement, dans le jardin d’une maison, tenu en laisse ou non, etc.
Par exemple, nous avions observé il y a quelques années des renards roux à Bruxelles qui étaient capables de distinguer un chien tenu en laisse d’un chien en liberté. Lorsque le chien était en liberté, les renards prenaient la fuite. Mais lorsqu’il était tenu en laisse, les renards étaient complètement sereins, même à 10 m du chien.
Nous allons donc continuer à observer le comportement des renards polaires vis-à-vis des chiens en Islande.
Le campement
Nous essayons toujours d’améliorer notre campement et le confort des photographes pour le stage photo renard polaire. Pour rappel, nous avons choisi d’être au cœur des territoires des renards et, de ce fait, de monter un campement plutôt que de loger en dur dans des zones moins intéressantes.
La nouveauté cette année : un refuge plus grand, conçu pour 12 à 14 personnes. Pour le reste, l’équipement n’a pas changé : tables et chaises de camping, matériel de cuisine, et tout ce qu’il faut pour être confortablement installé à l’abri du vent et de la pluie.
En ce qui concerne les tentes, nous continuons à utiliser des tentes 4 saisons et des matelas épais (16 cm), plus confortables que les matelas de bivouac (7 à 10 cm). Ces tentes ont encore prouvé leur résistance cette année : elles ont très bien tenu face aux quelques rafales à 80 km/h que nous avons eues.
Quelques photos des participant·e·s
Enfin et surtout, nous souhaitons offrir une tribune aux photographes qui participent à nos stages photo. Voici une série de photographies de Tyler Orman (tsorman.com), Anna Drinnenberg (@Annadrinnenberg) et Josh Bowen (jskybowen.com) qui ont accepté de partager leur travail ici.
Merci !
C’est l’histoire d’une équipe de passionné·e·s qui souhaitent partager leurs aventures avec d’autres passionné·e·s. Et durant l’été 2026, nous avons été comblés. Les photographes sont restés actifs, de jour comme de nuit. Ils ont saisi les opportunités, et en ont même créé quelques-unes. Ils ont su faire preuve de solidarité et de partage. Nous étions heureux de voir, chaque jour, un ou une photographe revenir avec un grand sourire, signe d’une journée réussie.
Guider un groupe de photographes dans une zone aussi sauvage et hostile, sans aucune garantie, est un pari risqué. C’est pourquoi nous tenons à remercier cette équipe qui nous a fait confiance cette année. Quand les au revoir sont difficiles, c’est que le séjour a été une réussite !
En Islande, et en particulier dans les Westfjords, les années se suivent et ne se ressemblent pas. L’été 2025 a été une mauvaise saison pour les renards polaires. Si tout semblait normal chez les adultes, nous avons observé un taux d’échec et de mortalité extrêmement élevé au sein des portées. L’été a donc été compliqué pour nos guides, qui ont littéralement observé plus de renardeaux morts que vivants.
Cette année, en revanche, nous avons constaté avec grand plaisir que le taux de réussite des portées s’annonce très bon. La première surprise a été la taille exceptionnellement élevée des portées. Le minimum observé a été de 7 renardeaux, y compris sur les terriers des plages. Pour rappel, les territoires des plages étant moins intéressants que ceux des falaises, les portées y sont généralement plus petites.
La traversée en bateau
Notre campement pour le stage photo renard polaire en Islande n’est accessible qu’en bateau. La traversée dure entre 2h30 et 3h30 et peut offrir de nombreuses opportunités photographiques. Mais elle peut aussi être pénible pour les personnes sujettes au mal de mer.
Cette année, l’océan a été plutôt clément avec nous. La houle était limitée et les traversées aller et retour ont été courtes. Les photographes sujets au mal de mer ont tout simplement dormi, et nous les avons réveillés à l’arrivée.
Durant cette traversée, nous avons vu énormément d’oiseaux marins : guillemots, macareux moines, fulmars, etc. Malheureusement, les groupes de baleines à bosse et de baleines de Minke, qui fréquentent souvent le secteur, étaient absents.
La météo durant le stage photo
Cette année, Thor a été généreux avec nous ! Nous avons eu une météo très favorable durant tout le séjour. Enfin, presque… L’avant-dernière journée a tout de même été marquée par une petite tempête qui a endommagé un segment de notre refuge, nous obligeant à en réduire la taille durant une journée pour éviter des dégâts supplémentaires. Heureusement, la tempête n’a duré que 24 h et nous avons pu retrouver très rapidement une activité normale.
Durant ce stage photo, nous avons eu la chance de bénéficier de lumières très variées : des ambiances brumeuses aux lumières dorées du soleil de minuit, en passant par les ciels chargés de nuages et les ambiances dramatiques.
Nous ne savons jamais à quelle météo nous attendre lors de notre stage photo renard polaire, tant le climat est imprévisible en Islande. Mais en cet été 2026, nous avons profité de chaque instant, et les participants sont restés actifs de jour comme de nuit, tirant parti de tout ce que la nature avait à nous offrir !
Les moments difficiles
On le sait, la nature est aussi majestueuse qu’impitoyable, d’autant plus dans les régions extrêmes. Si nous avons l’habitude d’observer des renards polaires prédater d’autres espèces, nous avons assisté en juin 2026 à une scène rare : la prédation d’une portée de renardeaux polaires par des grands corbeaux.
Techniquement, nous n’avons vu qu’un seul renardeau tué et emporté par un grand corbeau. Mais en 24 h, cette portée de 7 renardeaux avait disparu, et nous avons observé le grand corbeau à plusieurs reprises à proximité immédiate du terrier. Il y avait donc une forte probabilité que le grand corbeau ait emporté toute la portée. Du moins, c’est ce que nous pensions, jusqu’à ce que Samy (l’un de nos guides) retrouve un renardeau survivant, un mois après le stage.
Il faut aussi signaler que l’emplacement du terrier en question était très mauvais. La renarde avait en effet décidé de mettre bas en plein milieu d’un chemin de randonnée. Nous avons vu à plusieurs reprises des randonneurs manquer d’écraser les petits. Et même si nous avons demandé à plusieurs personnes de contourner le chemin à cet endroit, nous ne pouvions pas rester constamment à proximité.
Nous avons hésité à vous montrer cette prédation en images, mais nous avons finalement choisi de partager cette observation. La photo est de mauvaise qualité car nous étions loin de la scène, mais on voit clairement la silhouette du renardeau.
Ces moments font partie de la vie des photographes animaliers. Nous prêtons une grande attention à la concurrence entre les renards polaires et les grands corbeaux en Islande. Même si ce sont des scènes difficiles, elles n’en restent pas moins d’incroyables observations.
Les renards polaires en 2026
On ne cesse de le répéter : face au bouleversement climatique et à ses conséquences sur l’Islande, la vie des renards polaires change à vue d’œil. Mais si nous aimons tant cette espèce, c’est qu’elle a une capacité d’adaptation hors du commun. Les renards sont connus pour être opportunistes, et nous le constatons chaque année.
Cette année encore, nous avons observé des renards dans des situations particulières. La meilleure observation a été faite par Arielle et Fábio, qui ont pu voir un renard polaire traverser une rivière, avec un poisson dans la gueule qui plus est ! Malheureusement, le courant était fort et le renard a perdu le poisson durant la traversée.
Vous pouvez découvrir cette histoire dans l’excellent article « Survival : The story of the Arctic Fox », rédigé par la photographe animalière Arielle Lokadóttir, qui a participé à ce stage photo. Nous vous invitons d’ailleurs vivement à visiter son magnifique site, An Owl in Iceland.
Ce phénomène n’est plus à classer dans la catégorie des événements rares : nous l’observons désormais tous les ans. Mais nous ne connaissons pas encore la suite de l’histoire. Les renards vont-ils finir par se mettre à chasser dans l’eau ? Certaines proies accessibles, dans les rivières comme dans l’océan, peuvent-elles les attirer ?
Année après année, nous allons suivre cette évolution avec les photographes qui nous accompagnent. C’est l’une des parties les plus excitantes de nos stages photo.
Dans un autre registre, nous avons également noté que la présence d’un chien a poussé les renards polaires à déserter le secteur dans un rayon de 500 m à 1 km. Nous avions déjà observé le même phénomène dans le fjord de Hesteyri les années précédentes.
Ce sujet nous intéresse car les renards (en général) sont capables d’évaluer la dangerosité d’un chien selon la situation : en appartement, dans le jardin d’une maison, tenu en laisse ou non, etc.
Par exemple, nous avions observé il y a quelques années des renards roux à Bruxelles qui étaient capables de distinguer un chien tenu en laisse d’un chien en liberté. Lorsque le chien était en liberté, les renards prenaient la fuite. Mais lorsqu’il était tenu en laisse, les renards étaient complètement sereins, même à 10 m du chien.
Nous allons donc continuer à observer le comportement des renards polaires vis-à-vis des chiens en Islande.
Le campement
Nous essayons toujours d’améliorer notre campement et le confort des photographes pour le stage photo renard polaire. Pour rappel, nous avons choisi d’être au cœur des territoires des renards et, de ce fait, de monter un campement plutôt que de loger en dur dans des zones moins intéressantes.
La nouveauté cette année : un refuge plus grand, conçu pour 12 à 14 personnes. Pour le reste, l’équipement n’a pas changé : tables et chaises de camping, matériel de cuisine, et tout ce qu’il faut pour être confortablement installé à l’abri du vent et de la pluie.
En ce qui concerne les tentes, nous continuons à utiliser des tentes 4 saisons et des matelas épais (16 cm), plus confortables que les matelas de bivouac (7 à 10 cm). Ces tentes ont encore prouvé leur résistance cette année : elles ont très bien tenu face aux quelques rafales à 80 km/h que nous avons eues.
Quelques photos des participant·e·s
Enfin et surtout, nous souhaitons offrir une tribune aux photographes qui participent à nos stages photo. Voici une série de photographies de Tyler Orman (tsorman.com), Anna Drinnenberg (@Annadrinnenberg) et Josh Bowen (jskybowen.com) qui ont accepté de partager leur travail ici.
Merci !
C’est l’histoire d’une équipe de passionné·e·s qui souhaitent partager leurs aventures avec d’autres passionné·e·s. Et durant l’été 2026, nous avons été comblés. Les photographes sont restés actifs, de jour comme de nuit. Ils ont saisi les opportunités, et en ont même créé quelques-unes. Ils ont su faire preuve de solidarité et de partage. Nous étions heureux de voir, chaque jour, un ou une photographe revenir avec un grand sourire, signe d’une journée réussie.
Guider un groupe de photographes dans une zone aussi sauvage et hostile, sans aucune garantie, est un pari risqué. C’est pourquoi nous tenons à remercier cette équipe qui nous a fait confiance cette année. Quand les au revoir sont difficiles, c’est que le séjour a été une réussite !



























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