Nos 10 conseils pour réussir une photographie de paysageLa photographie de paysage est un vaste domaine où le champ des possibles est illimité. C’est un moyen d’expression, un langage qui permet de dialoguer avec le monde. Il est d’ailleurs incroyable de voir à quel point chaque photographe a sa propre interprétation du paysage. Plusieurs photographes devant une même scène feront toujours des photos différentes. Parce qu’ils ont leur propre langage, leur propre traduction du monde.
Réussir une photographie de paysage est une question qu’on se pose au début. A terme, on se demande plutôt comment réussir à raconter une histoire, à créer de l’émotion.
Dans cet article, nous vous proposons 10 petites (ou grandes) astuces qui vous feront progresser dans votre pratique de la photographie de paysage. Évidemment, nous aurions beaucoup plus de conseils à donner dans le monde la photo de paysage est vaste. Mais nous parlons ici de ce qui nous paraît primordial, de ce qui ne peut pas être dissocié de la photographie de nature en général.
10 conseils pour réussir une photographie de paysage
1- Il faut être patient pour réussir une photographie de paysage
Notre premier conseil pour réussir vos photographies de paysage est évidemment la patience ! L’impatience est l’ennemi de l’art en général. Prendre son temps, c’est observer le paysage, y trouver un intérêt qui dépasse le cadre de la photographie, et visualiser l’impact des changements de lumière.
C’est ce moment, plus ou moins long, qui permet de se connecter à la nature, de comprendre les éléments et de comprendre quand et comment on souhaite réaliser sa photographie de paysage.
Ce moment d’attente et d’observation prime sur tout le reste. Il est certainement le principal facteur de réussite d’une photo de paysage. Même avec le meilleur appareil photo du marché, on peut passer complètement à côté de sa photo si on ne prend pas le temps.
Voici par exemple une photographie réalisée dans les montagnes du Jura, en France. C’est un paysage où le sujet principal est le Mont Blanc. Ici, il est coiffé d’un chapeau de brume. Cette image est rare, et notre photographe Samy Berkani a dû passer et repasser des dizaines de fois au même endroit, au lever du soleil, avant d’avoir eu la chance d’observer ce phénomène. Il n’a fait aucune autre photo de ce paysage, il a juste attendu qu’un événement météorologique spécial se produise.
Observer un paysage durant des heures, voire des jours, imaginer son image, voire la rêver, voilà ce qui peut vous animer en tant que photographe de paysage.
2- Apprendre la règle des tiers pour réussir ses photographie de paysage
La règle des tiers est l’une des principales règles de photographie. Elle consiste à diviser son cadre en neuf parties égales, avec deux lignes horizontales et deux lignes verticales. Les intersections de ces lignes sont les points forts de l’image. Les sujets doivent être positionnés sur ces points forts.
De plus, pour équilibrer une photographie, l’idéal est que les éléments importants occupent les deux tiers de l’image, tandis que les moins importants occupent le dernier tiers. Pour réussir une photographie de paysage, il faut généralement positionner le sol et les sujets de sorte à ce qu’ils occupent les deux tiers. Le ciel, moins important généralement, occupera le dernier tiers.
La majorité des appareils photos proposent une option d’affichage d’un quadrillage qui facilite la composition avec la règle des tiers. Il suffit de l’activer. La majorité des reflex intègrent à la fois dans le viseur et dans l’écran de visualisation. Ces lignes verticales et horizontales peuvent vous guider dans votre composition. Mais avec l’expérience, tout photographe de paysage devient capable de visualiser ces lignes même si elles ne sont pas sur l’écran.
Par contre, ce que nous précisons toujours, c’est qu’il faut apprendre les règles de la photographie pour avoir les capacités de les enfreindre. Ces règles sont une base, un support. Une fois qu’on les maîtrise, on est apte à les enfreindre pour pousser sa créativité au-delà du cadre établi. Mais il nous semble au contraire qu’enfreindre, de façon aléatoire, des règles qu’on ne connaît pas, c’est prendre le risque d’échouer dans sa composition dans une grande partie des cas, notamment en photographie de paysage.
3- Soigner la composition, raconter une histoire
Une photographie peut avoir autant de sens qu’un long texte. Et comme un texte a ses règles de grammaire et d’ortographe, une photographie a ses règles de composition. Nous vous parlions précédemment de la règle des tiers, mais de façon plus large, une photographe de paysage doit soigner sa composition et se poser des questions sur chaque élément figurant (ou pas) dans le cadre.
Soigner sa composition et raconter une histoire à travers une photographie de paysage nécessite beaucoup de minutie, et beaucoup d’observation et de réflexion. En pratique, on peut s’asseoir devant un paysage et commencer à se raconter une histoire à soi-même avant de la raconter aux autres. Ce petit moment de rêverie est en réalité un moment d’inspiration et de construction.
Par la suite, c’est la technique qui vient matérialiser ces inspirations et les concrétiser en une photographie de paysage unique.
Cette photographie de paysage islandais avec un cheval islandais en premier plan est un bon exemple. Nous sommes ici dans un champ de lave. Le sol est noir, issu d’un volcan récent. On aperçoit en arrière-plan la mousse verte, typique de la première végétation qui pousse sur la roche volcanique, prémisse d’une future vie plus riche.
Le cheval islandais, debout sur le champ de lave, est de couleur brune. Mais le bout des membres, sa queue et sa crinière sont noirs. Il semble sortir du sol. Il semble lui aussi issu d’une éruption volcanique.
Cette photographie raconte l’histoire de ces chevaux qui se sont adaptés au climat extrême de l’Islande. Ils ont survécu aux éruptions volcaniques, aux tempêtes, et se sont adaptés, physiquement, pour devenir des habitants à part entière de cette île perdue aux confins de l’Atlantique nord.
4- Composer en profondeur
Beaucoup de photographes voient la composition uniquement en largeur et en hauteur, autrement dit en deux dimensions. Or, cette façon de de visualiser l’espace crée des images plates, peu dynamiques, et limite considérablement les possibilités de composition. Pourtant, il est possible d’avoir un premier plan, un paysage et un arrière-plan. Visualiser son image en profondeur, ou en trois dimensions, ouvre complètement le champ des possibles. On peut alors choisir des sujets sur différents niveaux et des lignes directrices qui les relient ou les opposent.
Composer en profondeur crée également plus de dynamique. Le lecteur aura l’impression d’être dans la photographie, et non à l’extérieur. Intégrer le lecteur à la scène est une prouesse artistique qui amplifie les émotions, donne un rôle au lecteur dans la scène qui se joue.
Sur cette photographie de la célèbre montagne islandaise Kirkjufell, la composition est clairement en profondeur. On part des lignes dessinées par la marée sur le sable, qui emmène l’œil d’abord vers le reflet de la montagne sur la flaque d’eau, et ensuite vers la montagne elle-même. La composition est simple, mais beaucoup de photographes auraient fait l’erreur de se focaliser directement sur la montagne au lieu de trouver un premier plan, des lignes directrices.
5- Se déplacer pour trouver tous les angles de prise de vue possibles
Durant nos voyages photo de paysage en Islande, en Ecosse ou en Algérie, nous conseillons toujours aux photographes que nous accompagnons d’utiliser une seule longueur de focale, et de se déplacer dans l’espace pour se faire une meilleure idée du paysage et des différents angles de vue.
Lorsqu’on arrive sur une scène, il est pratiquement impossible de la comprendre sans en faire le tour. De plus, en se déplaçant, on peut découvrir de nouveaux sujets, de nouvelles lumières, bref, de quoi améliorer considérablement sa photographie de paysage.
En tant que photographes, il nous est tous arrivé de passer à côté d’une photo. L’erreur classique est d’être à quelques centaines de mètres du meilleur spot, sans même s’en rendre compte. Alors pour nous, pour réussir une photographie de paysage, il faut rester mobile, curieux, explorer les alentours et ne pas hésiter à sortir des sentiers battus.
6- Prospecter en amont pour trouver les meilleurs sites pour la photographie de paysage
Les photographes de paysage passent généralement beaucoup de temps devant une carte à prospecter et essayer de trouver des sites naturels intéressants. En règle générale en photographie, il faut travailler au bureau avant de sortir sur le terrain. Cette phase permet de récolter un maximum d’informations, de se documenter et de maîtriser son sujet avec de se lancer.
Par ailleurs, prospecter sur Google maps, Open street Map ou n’importe quelle carte en ligne permet de ratisser des zones larges avant de se déplacer sur le terrain. De plus, on peut visualiser en un coup d’œil la position des sites par rapport au soleil levant et couchant. Cela ne garantit pas de réussir ses photographies de paysage par la suite, mais on augmente considérablement les chances de trouver des cadres uniques.
Enfin, certaines applications proposent des fonctionnalités utiles pour les photographes de paysage : parcours du soleil sur un site naturel, position des étoiles, etc. Nous n’utilisons pas personnellement ces applications mais leur utilité reste indéniable.
Voici par exemple une image obtenue via Google earth, qui permet de bien visualiser le relief et les spots possibles pour la photographie de paysage aux abords d’un glacier.
7- Travailler en basse lumière
L’équation est simple : plus la lumière est rasante, plus elle est douce et plus votre paysage sera mis en valeur.
Travailler en basse lumière n’est pas une règle en soi. On peut tout à fait faire le choix d’une lumière plus dure, si l’histoire qu’on souhaite raconter l’exige. Mais il faut être conscient que les lumières dures provoquent des ombres sombres, écrasent les couleurs et les textures et créent des contrats très élevés.
L’autre avantage de travailler en basse lumières est de profiter des lumières froides et bleutées de l’heure bleue (blue hour), ou au contraire des lumières chaudes et orangées de l’heure dorée (golden hour). Le choix de l’aube ou du coucher du soleil doit être fait en fonction de l’histoire qu’on souhaite raconter.
Par contre, faire de la photographie en basse lumière implique forcément l’utilisation d’un stabilisateur. Nous conseillons aux photographes de paysage de prendre l’habitude de travailler systématiquement avec un trépied. Cela améliore considérablement le piqué d’une photographie de paysage et permet de stabiliser l’appareil photo lorsque le manque de lumière se fait sentir.
Voici par exemple une photographie d’un paysage du Sahara prise par notre guide photographe de paysage Urip Dunker.
8- Faire le bon choix d’objectif pour la photographie de paysage
Cette question est cruciale, et on nous pose régulièrement la question de savoir quel est le meilleur objectif pour la photographie de paysage. Et la réponse n’est pas si évidente.
Le premier critère qui doit peser dans le choix d’un objectif grand angle pour la photographie de paysage est le style du photographe. Si ce dernier aime avoir un maximum d’éléments dans le cadre, intégrer une bonne partie du ciel, et se retrouve régulièrement dans des situations où il manque de recul (en montagne par exemple), alors un objectif de 18mm est l’idéal.
Si, par contre, on souhaite monter plus de détails du paysage et qu’on n’est pas limités par le recul, alors le 24mm est notre objectif grand angle favoris.
L’objectif grand angle pour la photographie de paysage doit aussi former un couple efficace avec l’appareil photo. En effet, il faut savoir qu’un objectif performant avec un boîtier peut l’être moins avec un autre. Nous vous conseillons donc de vérifier les performances de votre matériel, idéalement avant d’acheter, sur le site Dxomark.
Enfin, il faut éviter les zoom ayant des plages trop importantes (exemple : 18-200mm). Généralement ces objectifs sont peu performants. Les meilleures focales étant des focales fixes ou des objectifs comme le mythique Nikon 14/24mm f/2.8G ED.
9- Travailler le minimalisme pour des photographies de paysage épurées
Chez Wildlife Photo Travel, nous sommes des adeptes du minimalisme et des images épurées. Le plus souvent, 2 ou 3 éléments suffisent à faire notre bonheur. C’est pour nous l’un des secrets pour réussir une photographie de paysage.
Comprenez par minimalisme le fait de limiter considérablement les éléments visibles sur la photo, et de choisir des cadres qui excluent les parties du paysage “trop chargées”.
Même si le style minimaliste ne plaît pas à tout le monde, le pratiquer permet d’exercer son œil et son cerveau à choisir ce qu’on met où pas dans son cadre. Il nous pousse à nous poser la question de savoir ce qui est important et ce qui ne l’est pas. Ce qui est utile à notre histoire, et ce qui ne fait rien d’autre que encombrer l’œil du lecteur.
Pour les photographes qui font leurs tirages photo sur papier mat et texturé, le style minimaliste donne des résultats très picturaux. On a l’impression d’être devant une peinture et non une photographie. Ce style s’est imposé ces 10 dernières années dans le monde de la photographie de nature en général.
Sur cette photographie de paysage islandais, nous avons seulement une série de rochers basaltiques et un cratère volcanique en arrière plan. Le premier plan est issu du second plan (la lave provient du volcan). Nous n’avons pas eu besoin de plus d’éléments pour composer cette image.
10- intégrer un personnage pour l’échelle
Le plus souvent, s’il n’y a aucun personnage sur une photographie de paysage, le lecteur n’a aucune idée de l’échelle. Comment savoir si une montagne est grande ou s’il s’agit d’une petite colline ? Comment savoir la taille d’un lac, d’un arbre, etc, s’il n’y a pas une forme familière à proximité. Ce sujet peut jouer le double rôle de faire partie de l’histoire, et de donner l’échelle au lecteur. Avec un bouquetin dans les Alpes, les montagnes semblent immédiatement plus grandes, plus imposantes. Avec un personne en premier ou second plan, on se rend tout de suite compte de l’immensité du paysage, comme sur cette photographie de paysage du Sahara.
Pour intégrer un personnage à votre composition de façon spontanée et non posée, il n’y a pas de recette magique, seule la patience, comme nous en parlions dans notre premier conseil, vous permettra de capter des instants uniques.
Conclusion
Réussir une photographie de paysage repose sur une combinaison de facteurs, dont beaucoup échappent au contrôle du photographe. Ces 10 conseils vous aideront à maximiser vos chances et à vous placer dans les meilleures conditions possibles. Au-delà de ces éléments, seule la persévérance fait réellement la différence.
La photographie de paysage, tout comme la photographie animalière, exige avant tout de la patience : on passe bien plus de temps à observer et à attendre qu’à déclencher. Accepter cette réalité dès le départ est essentiel. C’est cette compréhension qui permet de rester motivé dans la durée — et, avec le temps, les réussites viennent nourrir cette motivation et donner encore plus de sens à l’attente.
La photographie de paysage est un vaste domaine où le champ des possibles est illimité. C’est un moyen d’expression, un langage qui permet de dialoguer avec le monde. Il est d’ailleurs incroyable de voir à quel point chaque photographe a sa propre interprétation du paysage. Plusieurs photographes devant une même scène feront toujours des photos différentes. Parce qu’ils ont leur propre langage, leur propre traduction du monde.
Réussir une photographie de paysage est une question qu’on se pose au début. A terme, on se demande plutôt comment réussir à raconter une histoire, à créer de l’émotion.
Dans cet article, nous vous proposons 10 petites (ou grandes) astuces qui vous feront progresser dans votre pratique de la photographie de paysage. Évidemment, nous aurions beaucoup plus de conseils à donner dans le monde la photo de paysage est vaste. Mais nous parlons ici de ce qui nous paraît primordial, de ce qui ne peut pas être dissocié de la photographie de nature en général.
10 conseils pour réussir une photographie de paysage
1- Il faut être patient pour réussir une photographie de paysage
Notre premier conseil pour réussir vos photographies de paysage est évidemment la patience ! L’impatience est l’ennemi de l’art en général. Prendre son temps, c’est observer le paysage, y trouver un intérêt qui dépasse le cadre de la photographie, et visualiser l’impact des changements de lumière.
C’est ce moment, plus ou moins long, qui permet de se connecter à la nature, de comprendre les éléments et de comprendre quand et comment on souhaite réaliser sa photographie de paysage.
Ce moment d’attente et d’observation prime sur tout le reste. Il est certainement le principal facteur de réussite d’une photo de paysage. Même avec le meilleur appareil photo du marché, on peut passer complètement à côté de sa photo si on ne prend pas le temps.
Voici par exemple une photographie réalisée dans les montagnes du Jura, en France. C’est un paysage où le sujet principal est le Mont Blanc. Ici, il est coiffé d’un chapeau de brume. Cette image est rare, et notre photographe Samy Berkani a dû passer et repasser des dizaines de fois au même endroit, au lever du soleil, avant d’avoir eu la chance d’observer ce phénomène. Il n’a fait aucune autre photo de ce paysage, il a juste attendu qu’un événement météorologique spécial se produise.
Observer un paysage durant des heures, voire des jours, imaginer son image, voire la rêver, voilà ce qui peut vous animer en tant que photographe de paysage.
2- Apprendre la règle des tiers pour réussir ses photographie de paysage
La règle des tiers est l’une des principales règles de photographie. Elle consiste à diviser son cadre en neuf parties égales, avec deux lignes horizontales et deux lignes verticales. Les intersections de ces lignes sont les points forts de l’image. Les sujets doivent être positionnés sur ces points forts.
De plus, pour équilibrer une photographie, l’idéal est que les éléments importants occupent les deux tiers de l’image, tandis que les moins importants occupent le dernier tiers. Pour réussir une photographie de paysage, il faut généralement positionner le sol et les sujets de sorte à ce qu’ils occupent les deux tiers. Le ciel, moins important généralement, occupera le dernier tiers.
La majorité des appareils photos proposent une option d’affichage d’un quadrillage qui facilite la composition avec la règle des tiers. Il suffit de l’activer. La majorité des reflex intègrent à la fois dans le viseur et dans l’écran de visualisation. Ces lignes verticales et horizontales peuvent vous guider dans votre composition. Mais avec l’expérience, tout photographe de paysage devient capable de visualiser ces lignes même si elles ne sont pas sur l’écran.
Par contre, ce que nous précisons toujours, c’est qu’il faut apprendre les règles de la photographie pour avoir les capacités de les enfreindre. Ces règles sont une base, un support. Une fois qu’on les maîtrise, on est apte à les enfreindre pour pousser sa créativité au-delà du cadre établi. Mais il nous semble au contraire qu’enfreindre, de façon aléatoire, des règles qu’on ne connaît pas, c’est prendre le risque d’échouer dans sa composition dans une grande partie des cas, notamment en photographie de paysage.
3- Soigner la composition, raconter une histoire
Une photographie peut avoir autant de sens qu’un long texte. Et comme un texte a ses règles de grammaire et d’ortographe, une photographie a ses règles de composition. Nous vous parlions précédemment de la règle des tiers, mais de façon plus large, une photographe de paysage doit soigner sa composition et se poser des questions sur chaque élément figurant (ou pas) dans le cadre.
Soigner sa composition et raconter une histoire à travers une photographie de paysage nécessite beaucoup de minutie, et beaucoup d’observation et de réflexion. En pratique, on peut s’asseoir devant un paysage et commencer à se raconter une histoire à soi-même avant de la raconter aux autres. Ce petit moment de rêverie est en réalité un moment d’inspiration et de construction.
Par la suite, c’est la technique qui vient matérialiser ces inspirations et les concrétiser en une photographie de paysage unique.
Cette photographie de paysage islandais avec un cheval islandais en premier plan est un bon exemple. Nous sommes ici dans un champ de lave. Le sol est noir, issu d’un volcan récent. On aperçoit en arrière-plan la mousse verte, typique de la première végétation qui pousse sur la roche volcanique, prémisse d’une future vie plus riche.
Le cheval islandais, debout sur le champ de lave, est de couleur brune. Mais le bout des membres, sa queue et sa crinière sont noirs. Il semble sortir du sol. Il semble lui aussi issu d’une éruption volcanique.
Cette photographie raconte l’histoire de ces chevaux qui se sont adaptés au climat extrême de l’Islande. Ils ont survécu aux éruptions volcaniques, aux tempêtes, et se sont adaptés, physiquement, pour devenir des habitants à part entière de cette île perdue aux confins de l’Atlantique nord.
4- Composer en profondeur
Beaucoup de photographes voient la composition uniquement en largeur et en hauteur, autrement dit en deux dimensions. Or, cette façon de de visualiser l’espace crée des images plates, peu dynamiques, et limite considérablement les possibilités de composition. Pourtant, il est possible d’avoir un premier plan, un paysage et un arrière-plan. Visualiser son image en profondeur, ou en trois dimensions, ouvre complètement le champ des possibles. On peut alors choisir des sujets sur différents niveaux et des lignes directrices qui les relient ou les opposent.
Composer en profondeur crée également plus de dynamique. Le lecteur aura l’impression d’être dans la photographie, et non à l’extérieur. Intégrer le lecteur à la scène est une prouesse artistique qui amplifie les émotions, donne un rôle au lecteur dans la scène qui se joue.
Sur cette photographie de la célèbre montagne islandaise Kirkjufell, la composition est clairement en profondeur. On part des lignes dessinées par la marée sur le sable, qui emmène l’œil d’abord vers le reflet de la montagne sur la flaque d’eau, et ensuite vers la montagne elle-même. La composition est simple, mais beaucoup de photographes auraient fait l’erreur de se focaliser directement sur la montagne au lieu de trouver un premier plan, des lignes directrices.
5- Se déplacer pour trouver tous les angles de prise de vue possibles
Durant nos voyages photo de paysage en Islande, en Ecosse ou en Algérie, nous conseillons toujours aux photographes que nous accompagnons d’utiliser une seule longueur de focale, et de se déplacer dans l’espace pour se faire une meilleure idée du paysage et des différents angles de vue.
Lorsqu’on arrive sur une scène, il est pratiquement impossible de la comprendre sans en faire le tour. De plus, en se déplaçant, on peut découvrir de nouveaux sujets, de nouvelles lumières, bref, de quoi améliorer considérablement sa photographie de paysage.
En tant que photographes, il nous est tous arrivé de passer à côté d’une photo. L’erreur classique est d’être à quelques centaines de mètres du meilleur spot, sans même s’en rendre compte. Alors pour nous, pour réussir une photographie de paysage, il faut rester mobile, curieux, explorer les alentours et ne pas hésiter à sortir des sentiers battus.
6- Prospecter en amont pour trouver les meilleurs sites pour la photographie de paysage
Les photographes de paysage passent généralement beaucoup de temps devant une carte à prospecter et essayer de trouver des sites naturels intéressants. En règle générale en photographie, il faut travailler au bureau avant de sortir sur le terrain. Cette phase permet de récolter un maximum d’informations, de se documenter et de maîtriser son sujet avec de se lancer.
Par ailleurs, prospecter sur Google maps, Open street Map ou n’importe quelle carte en ligne permet de ratisser des zones larges avant de se déplacer sur le terrain. De plus, on peut visualiser en un coup d’œil la position des sites par rapport au soleil levant et couchant. Cela ne garantit pas de réussir ses photographies de paysage par la suite, mais on augmente considérablement les chances de trouver des cadres uniques.
Enfin, certaines applications proposent des fonctionnalités utiles pour les photographes de paysage : parcours du soleil sur un site naturel, position des étoiles, etc. Nous n’utilisons pas personnellement ces applications mais leur utilité reste indéniable.
Voici par exemple une image obtenue via Google earth, qui permet de bien visualiser le relief et les spots possibles pour la photographie de paysage aux abords d’un glacier.
7- Travailler en basse lumière
L’équation est simple : plus la lumière est rasante, plus elle est douce et plus votre paysage sera mis en valeur.
Travailler en basse lumière n’est pas une règle en soi. On peut tout à fait faire le choix d’une lumière plus dure, si l’histoire qu’on souhaite raconter l’exige. Mais il faut être conscient que les lumières dures provoquent des ombres sombres, écrasent les couleurs et les textures et créent des contrats très élevés.
L’autre avantage de travailler en basse lumières est de profiter des lumières froides et bleutées de l’heure bleue (blue hour), ou au contraire des lumières chaudes et orangées de l’heure dorée (golden hour). Le choix de l’aube ou du coucher du soleil doit être fait en fonction de l’histoire qu’on souhaite raconter.
Par contre, faire de la photographie en basse lumière implique forcément l’utilisation d’un stabilisateur. Nous conseillons aux photographes de paysage de prendre l’habitude de travailler systématiquement avec un trépied. Cela améliore considérablement le piqué d’une photographie de paysage et permet de stabiliser l’appareil photo lorsque le manque de lumière se fait sentir.
Voici par exemple une photographie d’un paysage du Sahara prise par notre guide photographe de paysage Urip Dunker.
8- Faire le bon choix d’objectif pour la photographie de paysage
Cette question est cruciale, et on nous pose régulièrement la question de savoir quel est le meilleur objectif pour la photographie de paysage. Et la réponse n’est pas si évidente.
Le premier critère qui doit peser dans le choix d’un objectif grand angle pour la photographie de paysage est le style du photographe. Si ce dernier aime avoir un maximum d’éléments dans le cadre, intégrer une bonne partie du ciel, et se retrouve régulièrement dans des situations où il manque de recul (en montagne par exemple), alors un objectif de 18mm est l’idéal.
Si, par contre, on souhaite monter plus de détails du paysage et qu’on n’est pas limités par le recul, alors le 24mm est notre objectif grand angle favoris.
L’objectif grand angle pour la photographie de paysage doit aussi former un couple efficace avec l’appareil photo. En effet, il faut savoir qu’un objectif performant avec un boîtier peut l’être moins avec un autre. Nous vous conseillons donc de vérifier les performances de votre matériel, idéalement avant d’acheter, sur le site Dxomark.
Enfin, il faut éviter les zoom ayant des plages trop importantes (exemple : 18-200mm). Généralement ces objectifs sont peu performants. Les meilleures focales étant des focales fixes ou des objectifs comme le mythique Nikon 14/24mm f/2.8G ED.
9- Travailler le minimalisme pour des photographies de paysage épurées
Chez Wildlife Photo Travel, nous sommes des adeptes du minimalisme et des images épurées. Le plus souvent, 2 ou 3 éléments suffisent à faire notre bonheur. C’est pour nous l’un des secrets pour réussir une photographie de paysage.
Comprenez par minimalisme le fait de limiter considérablement les éléments visibles sur la photo, et de choisir des cadres qui excluent les parties du paysage “trop chargées”.
Même si le style minimaliste ne plaît pas à tout le monde, le pratiquer permet d’exercer son œil et son cerveau à choisir ce qu’on met où pas dans son cadre. Il nous pousse à nous poser la question de savoir ce qui est important et ce qui ne l’est pas. Ce qui est utile à notre histoire, et ce qui ne fait rien d’autre que encombrer l’œil du lecteur.
Pour les photographes qui font leurs tirages photo sur papier mat et texturé, le style minimaliste donne des résultats très picturaux. On a l’impression d’être devant une peinture et non une photographie. Ce style s’est imposé ces 10 dernières années dans le monde de la photographie de nature en général.
Sur cette photographie de paysage islandais, nous avons seulement une série de rochers basaltiques et un cratère volcanique en arrière plan. Le premier plan est issu du second plan (la lave provient du volcan). Nous n’avons pas eu besoin de plus d’éléments pour composer cette image.
10- intégrer un personnage pour l’échelle
Le plus souvent, s’il n’y a aucun personnage sur une photographie de paysage, le lecteur n’a aucune idée de l’échelle. Comment savoir si une montagne est grande ou s’il s’agit d’une petite colline ? Comment savoir la taille d’un lac, d’un arbre, etc, s’il n’y a pas une forme familière à proximité. Ce sujet peut jouer le double rôle de faire partie de l’histoire, et de donner l’échelle au lecteur. Avec un bouquetin dans les Alpes, les montagnes semblent immédiatement plus grandes, plus imposantes. Avec un personne en premier ou second plan, on se rend tout de suite compte de l’immensité du paysage, comme sur cette photographie de paysage du Sahara.
Pour intégrer un personnage à votre composition de façon spontanée et non posée, il n’y a pas de recette magique, seule la patience, comme nous en parlions dans notre premier conseil, vous permettra de capter des instants uniques.
Conclusion
Réussir une photographie de paysage repose sur une combinaison de facteurs, dont beaucoup échappent au contrôle du photographe. Ces 10 conseils vous aideront à maximiser vos chances et à vous placer dans les meilleures conditions possibles. Au-delà de ces éléments, seule la persévérance fait réellement la différence.
La photographie de paysage, tout comme la photographie animalière, exige avant tout de la patience : on passe bien plus de temps à observer et à attendre qu’à déclencher. Accepter cette réalité dès le départ est essentiel. C’est cette compréhension qui permet de rester motivé dans la durée — et, avec le temps, les réussites viennent nourrir cette motivation et donner encore plus de sens à l’attente.










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